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Murarius Silvio

Nous sommes nés de la poussière, de la poussière jetés dans les yeux de l'existence.

Nous sommes des âmes perdues comme des fleurs dans les tempêtes océaniques.

Nous sommes la dispersion de la lumière dans des gouttes de sang , rayonnement de même spectre divin .

Nous sommes sept milliards de clones provenant du même mot, le port de la même guerre pour maintenir sa propre identité.

Création : 15/06/2011 à 19:44 Mise à jour : 29/03/2012 à 22:42

" Roche en fusion " by Murarius Silvio

" Roche en fusion " by Murarius Silvio


« Il y a des pluies de printemps délicieuses où le ciel a l'air de pleurer de joie. »
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#Posté le jeudi 23 février 2012 20:58

Modifié le jeudi 29 mars 2012 21:07

"Roche en fusion" by Murarius Silvio

"Roche en fusion" by Murarius Silvio

L'étoile a pleuré rose au c½ur de tes oreilles,
L'infini __ roulé blanc de ta nuque à tes reins ;
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme __ saigné noir à ton flanc souverain. (Rimbaud)
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#Posté le jeudi 29 mars 2012 22:36

"Coucher de soleil N° 2 " by Murarius Silvio

"Coucher de soleil N° 2 " by Murarius Silvio

Comment exprimer cette foule de sensations fugitives que j'éprouvais dans mes promenades ? Les sons que rendent les passions dans le vide d'un c½ur solitaire ressemblent au murmure que les vents et les eaux font entendre dans le silence d'un désert ; on en jouit, mais on ne peut les peindre.
L'automne me surprit au milieu de ces incertitudes : j'entrai avec ravissement dans le mois des tempêtes. Tantôt j'aurais voulu être un de ces guerriers errant au milieu des vents, des nuages et des fantômes ; tantôt j'enviais jusqu'au sort du pâtre que je voyais réchauffer ses mains à l'humble feu de broussailles qu'il avait allumé au coin d'un bois. J'écoutais ses chants mélancoliques, qui me rappelaient que dans tout pays le chant naturel de l'homme est triste, lors même qu'il exprime le bonheur. Notre c½ur est un instrument incomplet, une lyre où il manque des cordes, et où nous sommes forcés de rendre les accents de la joie sur le ton consacré aux soupirs.
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#Posté le jeudi 29 mars 2012 22:33

" La tristesse " by Murarius Silvio

"  La tristesse "  by Murarius Silvio


Il y a des hommes qui préfèrent la solitude
Pour vivre davantage leurs propres remords et leur propre tristesse.
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#Posté le jeudi 29 mars 2012 22:30

"Coucher de soleil" by Murarius Silvio

"Coucher de soleil" by Murarius Silvio


Le jour je m'égarais sur de grandes bruyères terminées par des forêts. Qu'il fallait peu de chose à ma rêverie : un feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait de la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souffle du nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert ou le jonc flétri murmurait ! Le clocher solitaire, s'élevant au loin dans la vallée, a souvent attiré mes regards ; souvent j'ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête. Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent ; j'aurais voulu être sur leurs ailes.
Un secret instinct me tourmentais ; je sentais que je n'étais moi-même qu'un voyageur ; mais une voix du ciel semblait me dire : "homme, la saison de ta migration n'est pas encore venue ; attends que le vent de la mort se lève, alors tu déploieras ton vol vers ces régions inconnues que ton coeur demande."
levez-vous vote, orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie !
Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelue, ne sentant ni pluie ni frimas, tourmenté, et comme possédé par le démon de mon coeur .


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#Posté le jeudi 23 février 2012 21:04

Modifié le jeudi 29 mars 2012 21:25

«Amour et bataille n°6 » by Murarius Silvio

 «Amour et bataille n°6 » by Murarius Silvio

« L'amour ne commence ni ne finit comme nous le croyons. L'amour est une bataille, l'amour est une guerre, l'amour grandit. »
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#Posté le jeudi 23 février 2012 21:01

Modifié le jeudi 29 mars 2012 21:13

«Tâches n° 3 » by Murarius Silvio

 «Tâches n° 3 » by Murarius Silvio


« Certains peintres transforment le soleil en un point jaune ; d’autres transforment un point jaune en soleil. et quand deux sages confrontent leurs idées, ils en produisent de meilleures ; le jaune et le rouge mélangés produisent une autre couleur. »
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#Posté le jeudi 23 février 2012 21:00

Modifié le jeudi 29 mars 2012 22:32

Beethoven et la Symphonie Pastorale ...


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Le 22 décembre 1808, Beethoven fait entendre pour la première fois au public viennois la Symphonie en ut mineur et la Symphonie Pastorale. Sur le programme jauni de ce concert on peut constater que c'est cette dernière qui porte N° 5 : l'auteur a donc pensé pendent un instant à intervenir l'ordre de leur publication. Il est vrai qu'il les avait composés en même temps et , sans aucun doute, l'une est le parfait complément de l'autre. La Symphonie Pastorale fixe et magnifie le sentiment de détente heureuse que peut ressentir, au milieu des champs et en plaine forêt, un créateur qui lutte constamment avec son art comme il entend lutter avec le destin. Ces champs et cette for^t, il pouvait les atteindre facilement. Une demi-heure de marche lui suffisait pour passer les portes de la ville et pour se trouver dans un décor riant, amical, qui l'emplissait d'une exaltation joyeuse. Contrairement à son cher Rousseau, il n'avait pas un amour marqué pour la montagne. Les plaines et les lignes douces des collines viennoise lui suffisait; et, peut-être, le caractère du passage lui importait-il mois que le sentiment de libération qu'il éprouvait à quitter la grande cité où il vivait à contre-c½ur. Nous savons par Schindler et par Grillparzer qu'au moment de la création de la Sixième Symphonie, Beethoven battait la campagne du coté du Kahlenberg. Il avait loué un appartement à Heiligenstadt, dans une maison qui se trouvait sur la route de Grinzing, et restait dehors tard dans la nuit. Les poches bourrées de cahiers de musique que dépassait de toute sa longueur un crayon de maçon, il marchait, il gesticulait, chantait, écrivait. Souvent il empruntait un sentier au long duquel coule le modeste Schreiberbach : l'on appelle aujourd'hui le Beethovengang. Dans un cahier d'esquisses on trouve quelques mesures qui essaient de traduire musicalement le bruit d'une eau clapotante. Une remarque les accompagne : " Plus le ruisseau est grand, plus le son est grave. " Ces quelques mesures ne sont pas sans rapport avec l'admirable Szene am Bach. Mais il suffit de la comparaison la plus hâtive pour mesurer ce qui sépare une reproduction " fidèle " de la nature d'un poème inspiré. Beethoven ne s'est pas fait faute de souligner que l'expression des sentiments lui paraissait bien plus précieuse que peinture directe. Et si, de temps en temps, on rencontre des éléments descriptifs, on se rend compte que l'imitation ils sont devenus symbole. C'est pourquoi il importe peu que Beethoven ait suivi à la lettre, ou presque, le programme du " Portrait musical de la Nature " de J. H. Knecht ou qu'il ait recours à certains effets conventionnels : ce n'est pas le cadre qui compte, mais le moment de bonheur qui s'y trouve inscrit.

Beethoven et la Symphonie Pastorale ...


La Symphonie Pastorale se compose de cinq mouvements .


I . Éveil de sentiments agréables en arrivant à la campagne
Pour créer un climat d'insouciance et liberté, les deux thèmes principaux de ce mouvement ne sont pas contrastants comme d'habitude. Les idées donnent l'impression de s'enchaîner avec une certaine nonchalance; toute logique serrée semble abandonnée. Des accords maintenus inchangés pendent un grand nombre de mesures créent une atmosphère de came, de stabilité. Le premier thème est probablement de provenance populaire : Beethoven a pu l'entendre lors de son séjour chez les Brunswick ou bien à Vienne même, carrefour de toutes les nations d'Europe. L'orchestration suggère des couleurs claires; dans les deux premiers mouvements elle ne prévoit ni trompettes ni trombones.

II. Scène au bord du ruisseau

L'auteur confie à deux violoncelles avec sourdine la simple ligne sonore qui transfigure les quelques mesures imitatives notées auprès d'un ruisseau. C'est certainement le mouvement le plus dense de la symphonie. Le passage final, où l'on entend chanter le rossignol, la caille et le coucou, est un nouvel exemple de la manière dont Beethoven entendait se servir des éléments empruntés à la réalité : c'est une ravissante cadence qui semble la suite nécessaire de ce qui la précède et qui ne suffit musicalement à elle-même.


III . Réunion joyeuse de paysans

Ici, les intentions descriptives se manifestent sur une échelle bien plus large. Je pense à tel tableau de Breughel ou de Teniers. Le thème et la danse médiane qui fait fonction de "trio" date de l'époque de l'Héroïque : un carnet d'esquisses en fait foi. Les trompettes font leur apparition. La gaucherie des musiciens de campagne est évoquée avec un tact et néanmoins une efficacité que l'on ne saurait assez souligner.


IV. Orage

Les réminiscences du ballet de Prométhée sont nettes. Une petite flûte, des trombones se joignent aux instruments de l'orchestre. La musique permet de tout voir à ceux qui tiennent absolument à " voir" quelque chose. Bien plus important est le fait que tout concourt à assurer la cohésion de l'ensemble : les accents des " éclaires", par exemple, sont autant de coups de fouet qui font avancer et haleter la musique.


V. Chant des bergers.Sentiments de joie et de reconnaissance après l'orage

Beethoven avait pensé terminer la partition par un hymne auquel auraient participé des ch½urs. Caressé un instant, ce projet fut abandonné et la Symphonie reçut la fin simple et lumineuse que nous connaissons. Moins profonde que les deux mouvements initiaux, elle déboute toutefois par une superposition de quintes dont Liszt et Wagner on fait leur profit.
D'une manière générale, l'½uvre a eu une importance considérable dans l'évolution de la musique. Elle a montré que l'on pouvait trouver un équilibre entre les formes classiques et un contenu nouveau, que l'on pouvait se raconter à travers d'une image.
" O joie! belle étincelle des Dieux, fille de l'Élysée Nous entrons tout brûlants du feux divin dans ton sanctuaire ! Un pouvoir magique réunit ceux que le monde et le sang séparent; A l'ombre de ton aile si douce, tous les les hommes deviennent frères. Celui qui a le bonheur d'être devenu l'ami d'un ami; Celui qui possède une femme aimable, oui, Celui qui peut dire à soi une âme sur cette terre Que sa joie se mêle à la notre! Mais que l'homme à qui cette félicité ne fut pas accordée Se glisse en pleurant hors du lieu qui nous rassemble ! Tous les êtres boivent la joie au sein de la nature; Les bons et les méchants suivent des chemins de fleurs. La nature nous à donné l'amour, le vin et la mort, Cette épreuve de l'amitié. Elle a donné la volupté au ver; Le chérubin est debout devant Dieu. Gai! Gai! comme les soleils roulent sur le plain magnifique du ciel , De même, frères, courez fournir votre carrière, plains de joie Comme les héros qui marche à la victoire . Que des millions d'êtres, Que le monde entier se confonde dans un même embrassement ! Frères, au delà des sphères doit habiter un père bien aimé. O joie! belle étincelle des Dieux, fille de l'Élysée Nous entrons tout brûlants du feux divin dans ton sanctuaire ! Fille de l'Élysée, joie, belle étincelle des Dieux ! "
Quand Beethoven, en terminant son ½uvre, considéra les majestueuses dimensions du mouvement qu'il venait d'élever, il dut se dire :
" Vienne la mort maintenant, ma tâche est accomplie ."
Et moi en écoutent cette musique , je me dit qu'il était temps d'entrer au siècle des lumières et sortir de l'obscurantisme. Un régal à lire ce texte bien écrit et pensé qui a su retracer l'histoire de nos penseurs, philosophes et écrivains. Magistral ! Quant à ce que liberté, justice, vérité fassent jour en ce monde 2012... J'ai des doutes pour avoir relu la Déclaration des droits de l'homme, de la femme et de l'enfant, la convention des mers... Nos philosophes, penseurs, écrivains nous ont laissé des textes, combien sont mis en application ou seulement respectés par nos gouvernements ? Retournerions-nous dans l'obscurantisme et la chasse aux sorcières ?
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#Posté le mardi 31 janvier 2012 13:36

Mia Martini - La nevicata del '56


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"Ti ricordi una volta
Si sentiva soltanto il rumore del fiume la sera
Ti ricordi lo spazio
I chilometri interi
Automobili poche allora
Le canzoni alla radio
Le partite allo stadio
Sulle spalle di mio padre
La fontana cantava
E quell'aria era chiara
Dimmi che era così
C'era pure la giostra
Sotto casa nostra e la musica che suonava
Io bambina sognavo
Un vestito da sera con tremila sottane
Tu la donna che già lo portava
C'era sempre un gran sole
E la notte era bella com'eri tu
E c'era pure la luna molto meglio di adesso
Molto più di così
Com'è com'è com'è
Che c'era posto pure per le favole
E un vetro che riluccica
Sembrava l'America
E chi l'ha vista mai
E zitta e zitta poi
La nevicata del '56
Roma era tutta candida
Tutta pulita e lucida
Tu mi dici di sì l'hai più vista così
Che tempi quelli
Roma era tutta candida
Tutta pulita e lucida
Tu mi dici di sì l'hai più vista così
Che tempi quelli."
​ 4 |

#Posté le mardi 31 janvier 2012 13:33

Le Lac des Cygnes & La Belle au Bois Dormant

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Les personnes raisonnables ne pardonneront jamais à Tchaïkovski sa force de persuasion.
Pourquoi ? par peur d'être dupes, bien sûr .Car les reproches qu'on lui fait au nom de « bon goût «sont secondaires –et Stravinsky l'a dit : « Le mauvais goût , c'est déjà très bien... » Mais il y a plus grave. Le plus spontané, le plus sincère des musiciens se voit soupçonné de duplicité pour avoir révélé sans équivoque sa dualité naturelle.
Nous avons peine. Français bien tempérés, à comprendre Tchaïkovski « pathétique », le pessimiste capable des plus intenses délectations moroses, puisse être en même temps un peintre merveilleux du plaisir de vivre et des explosions d'allégresse, le compositeur « dansant » par excellence. Par une de ses ½uvres, même les plus sombres – même l'ultime symphonie- où n'affleure ici ou là le démon de la danse ; pas une – même l'innocence féerie de Casse-noisette – d'où soit entièrement exclue la mélancolie, voire l'angoisse. Ces couleurs complémentaires se juxtaposaient dans la psychologie de Pierre Ilyitch : en lui cohabitaient un homme tourmenté , maniaque d'introspection et de solitude, marqué par la nostalgie du passé, et un homme vif, curieux, prompt à l'enthousiasme, désireux de s'accorder avec son entourage amical au social.S'il ne trouva pas dans sa vie l'équilibre entre ces tendances, il trouve dans son art, en imposant au contenu subjectif et « fatal » de ses trois derniers symphonies un cadre traditionnel, ou en soumettant ses dons d'évocation poétique aux nécessités précises et la danse dans ses trois ballets Le Lac Des Cygnes, La belle au Bois dormant et La Casse-Noisette . Et cette humble et joyeuse soumission aux règles du jeux, loin d'aboutir à un desséchant formalisme, est la caution d'une originalité d'autant plus profonde qu'elle est mois concertée.

Il était d'ailleurs très nouveau et insolite qu'un compositeur du niveau de Tchaïkovski consentit à écrire pour un gendre aussi peu « musical », à l'époque, que le ballet. Mais le balletomane Tchaïkovski, grand amateur de Léo Delibes et dépréciant ses propres ouvrages en comparaison, ne douta pas que la beauté et l'originalité du Lac des Cygnes étaient les causes mêmes de son échec lors de la création au Bolchoï de Moscou, le 4 mars 1877. Danseurs, musiciens et public avaient des habitudes trop ancrées, et plusieurs numéros avaient été remplacés par les musiquettes à tout faire du grand spécialiste, Pugni. Chorégraphie et décors étaient non mois désolants que la présentation musicale. Il était réservé à Marius Petipa – le Shakespeare des entrechats – de révéler le chef-d'½uvre, à Petersburg, en janvier 1895, soit plus d'un an après la mort du compositeur. On sait quelle place a conquise et gardée depuis lors Le Lac dans le répertoire de toutes les grandes compagnies et dans le c½ur de tous les publics. Toutes les grandes ballerines ont été fascinées par le double rôle d'Odette-Odile, qui demande beaucoup de virtuosité et plus encore de lyrisme, et dont le romantisme domine le « drame dansé « de Tchaïkovski. Le sujet, tiré d'un conte allemand, avait attiré le musicien dès 1871, où il écrivit pour les enfants de sa s½ur Alexandra un petit ballet, un premier Lac des Cygnes où figuraient déjà plusieurs thèmes de l'½uvre définitive ? L'histoire de cette princesse-cygne inaccessible, du prince amoraux et du méchant sorcier peut nous sembler puérile, mais touchait en Pierre Ilyitch des régions très secrètes : ne se reconnut-il pas en ce prince Siegfried inadapté au monde, et ne vit-il pas en Odette la femme idéale, divinisée, l'Eternel féminin dont une force redoutable le séparait ? Cette femme dont toute autre femme n'est qu'une réplique menteuse et sacrilège (comme Odile, le « double » maléfique d'Odette), c'est sans doute pour Tchaïkovski la Mère ; et le symbole maternel par excellence – l'eau- baigne ce « rêve de puissance » qu'est Le Lac des Cygnes .On sait combien le musicien avait résolu de malheureuse façon un complexe d'¼dipe très marqué.

D'une partition considérable et diverse, les présent extraits noud révèleront la „dualité” fidèlement tchaikovskienne: l'élément „nocturne” et surnaturel du ballet étant représenté par des fragments de l'émouvant second acte, l'élément réaliste, terrestre si l'on veut, et „diurne”, étant demandé aux actes I et III. Voici en exergue le thème romantique de hautbois symbolisant la plainte de la princesse ensorcelé ; en contraste, la fameuse Valse, dansée dans le parc du château par les sujets du prince Siegfried dont on fête la majorité; puis, la scène mystérieuse au bord du Lac enchanté, où Odette à minuit va pour quelques heures reprendre sa forme humaine: après la gracieuse "variation" des quatre petits cygnes, écoutons le duo d'amour sans paroles où la voix du violon solo symbolise la grâce lumineuse d'Odette, avec en écho la voix du violoncelle ( alias Siegfried ) qui reprend ma même cantilène-- c'est le somment "affectif" de l'½uvre.La Czardas nous ramène au château, au cours d'un grand bal où les danses de cour se veulent parfois exotique: en l'occurrence, l'exotisme se réduit au schéma lassan-friszka, solennelle langueur muée soudain en frénésie, de la danse tzigane.

On voit que l'ordre choisi pour ces fragments n'est pas fonction de la logique dramatique, mais bien plutôt d'un équilibre symphonique' et n'a rien d'un "digest" du ballet. Il en sera de même pour les extraits de La Belle au Bois dormant -- et c'est le parti que pris l'auteur lui même quand il tira de Casse-Noisette une suite d'orchestre. Les deux féeries se prêtent, plus naturellement que Le Lac, à un découpage symphonique, l'une et l'autre ayant été conçue au mois autant comme une brillante suite chorégraphique " à tiroirs" que comme un "ballet d'action" véritable.Le sujet de La Belle , en particulier, ne comporte évidement pour aucun public le moindre suspense, encore que ni le chorégraphe Petipa, ni le compositeur n'aient traité en prétexte banal le livret proposé par Vsevolojsky.Un directeur éclairé , ce Vsevolojsky , administrateur des Théâtres Impérieux : l'aventure du Lac à Moscou aurait pu le détourner d'offrir à Tchaikovsky une nouvelle expérience douze ans plus tard. Le musicien , de son côté , aurait pu hésiter à risquer un échec , qui eût été cette fois beaucoup plus sensible étant donné la réputation internationale , pour ne pas dire la gloire , à laquelle il était parvenu entre temps . Bien au contraire , il accueillit avec enthousiasme la commande du ballet, en août 1888, au moment même où il achevait d'écrire la douloureuse Cinquième Symphonie . Bien plus, il reçut avec une totale docilité les directives impérieuses de Petipa concernent la musique qu'il devrait composer " sur mesure " -- jamais l'expression ne fut si appropriée --; Petipa traitait l'auteur d'Oneguine comme il eût fait du moindre des fonctionnaires-compositeurs , payés à l'année , qu'il avait eus si longtemps à sa disposition .
Tchaikovsky travailla dans la joie , ne semblant nullement souffrir des exigences de son ... choréauteur. Le résultat justifia magnifiquement la méthode , et le chef-d'½uvre , dans une présentation somptueuse , triompha en janvier 1890 au théâtre Marie . Le Tsar pourtant fut mois chaleureux que le public " payant " , et Pierre Ilyitch , un peu mortifié d'entendre un négligent : " C'est très gentil " tomber des augustes lèvres , nota le soir dans son journal intime : " Sa Majesté m'a traité avec beaucoup de désinvolture . Dieu soit avec elle!"

La postérité , au contraire , a donné sa juste place un ballet qui contient quelques-unes des pages les plus prestigieuses de toute l'histoire de la Danse, souvent présentées dans des versions partielles, telles Le Mariage d'Aurore , L'Oiseau bleu ou diversement. La présente "version partielle " de l'éblouissante partition s'ouvre sur l'opposition des deux influences qui vont se disputer la destinée de la Princesse Aurore: d'abord éclate la puissance maléfique de Carabosse , puis se déploie la triomphante douceur de la Fée des Lilas , cette marraine judicieuse qui dois parvenir à conjurer la malédiction jetée par son ancienne sur le berceau de l'enfant royale . Le "Rose Adagio" du premier acte - l'un des pas les plus difficiles du répertoire - est danse par aurore , devenue jeune fille et munie de nombreux prétendants ; on est surpris d'entendre au passage en écho de la Scheherazade (1888) de Rimsky... Une page infiniment personnelle d'une concision et d'une acuité admirable : " le Chat botté et la Chatte Blanche" - deux des invités aux noces d'Aurore et du Prince Charmant , invités qui sont venus de tous les coins du royaume des fées . Et voici l'occasion de citer le plan imposé à Tchaikovsky par Petipa son chorégraphe : " Un miaulement répété, une caresse et des coupes de griffe. A la fin , un feulement et des cris de chat . Commencez à 3/4 amoroso , pressez à la fin avec des miaulements toujours à 3/4 ". - le Panorama nous montre ( rétrospectivement ) le Prince Charmant guidé vers le château enchanté par la Fée, qui lui a fait place dans sa barque merveilleuse ...
Et la Valse , l'une des plus illustres d'un auteur qui en écrivit beaucoup de délicieuses , nous ramène au premier acte , où les gentilles paysannes du cru rendaient un dansant hommage à leur jeune Princesse... cent ans plus tôt .
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#Posté le dimanche 29 janvier 2012 10:17

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